Racines anciennes, sélection moderne

La première série de webinaires a rassemblé divers points de vue actuels sur la sélection végétale, allant des perspectives archéologiques à l'innovation fondée sur les données, en passant par les cadres réglementaires.
La nouvelle série de webinaires du PNR 84 a débuté avec une intervention de la professeure Natalie Mueller, qui a présenté une perspective archéologique sur la domestication, la sélection et l’évolution des plantes. Elle a souligné que la domestication s’est déroulée progressivement, sur des milliers d’années, à travers des interactions écologiques entre les populations, les plantes, les paysages et les cultures. En revanche, la sélection moderne, en particulier l’édition génétique, se déroule principalement en laboratoire. Ses travaux soulignent que l’évaluation des nouvelles technologies de sélection nécessite de prendre en compte à la fois les avantages et les risques, et de replacer les avancées technologiques dans le contexte de systèmes agroécologiques et socio-économiques complexes.
Lors du webinaire suivant, le professeur Hans Dätwyler a examiné comment les données peuvent aider les sélectionneurs à transformer des informations complexes en décisions pratiques. Il a mis en avant la disponibilité croissante des données et le défi que représente la traduction de ces informations en décisions exploitables. Le professeur Dätwyler a illustré comment les approches analytiques et computationnelles peuvent améliorer les processus de sélection, renforcer l’efficacité et aider à gérer la complexité biologique et environnementale croissante. La discussion a porté sur les aspects pratiques de la mise en œuvre, notamment la qualité des données, l’accès à l’expertise et aux infrastructures, ainsi que les conditions permettant aux sélectionneurs d’adopter efficacement de nouvelles approches dans la pratique.
Lors du dernier webinaire avant la pause estivale, Anna Borràs et Ilaria Ciabatti, de la Commission européenne, ont présenté un aperçu de la proposition actuelle de l’UE visant à réglementer les nouvelles techniques génomiques en sélection végétale. Elles ont exposé la législation européenne existante en matière d’OGM et expliqué pourquoi les récentes avancées scientifiques ont remis en question son adéquation. La nouvelle proposition introduirait un système à deux niveaux distinguant les plantes traitées de la même manière que les cultures conventionnelles et celles qui restent soumises à des règles adaptées en matière d’OGM. La discussion qui a suivi a abordé les défis liés à la mise en œuvre, notamment les méthodes de détection, les seuils de modification génétique et les divergences réglementaires internationales.
Consultez la section événements de www.nrp84.ch pour suivre les prochaines annonces concernant les webinaires.